L'invitée d'Andrée





Mon invité aujourd'hui :

Jean-Pierre Audet


Jean-Pierre Audet a enseigné la psychologie à des femmes à la maison de 1975 à 1980. Professeur de sociologie, de psychologie et de philosophie au collège Marie-Victorin de 1970 à 1995, il est aujourd’hui retraité et enseignant bénévole auprès d’aînées.


Laïcité et égalité

Ma première sensibilisation à la question féminine remonte clairement à 1973. C'est la publication en français du livre de l'Américaine Germaine Greer, La femme eunuque, qui m’éveilla à la condition des femmes dans le monde. Suivirent, en 1975, mes lectures du livre choc de Benoite Groult, Ainsi soit-elle – une révélation pour moi ! –, de Simone de Beauvoir, Le deuxième sexe, mon amitié avec Simonne Monet-Chartrand, ainsi que la lecture de son autobiographie : Ma vie comme rivière. Dans les années 1975 à 1980, l’enseignement collégial que je donnais dans les banlieues se faisait presque exclusivement auprès de femmes au foyer. Le Collège Marie-Victorin offrait des cours qui se voulaient adaptés à leur situation de « mères de famille ». J’enseignais Le développement de l'enfant. Je ne pouvais cependant m'empêcher de transmettre cette sensibilisation, nouvelle chez moi, à la question féminine. J'avais le sentiment de sortir d'une extrême noirceur et d'arriver enfin à une lumière révélatrice, soit le féminisme que je partageais et essayais de répandre de toutes mes convictions récentes, souvent naïves. Je passai d'« homme rose » à féministe engagé. Je déchantai rapidement, me faisant rabrouer par de « vraies » féministes, moi qui osais, comme homme, me déclarer féministe.

Aujourd'hui, en 2017, mon projet est plus modeste. Je suis simplement devenu sensible à la question de l'égalité entre les hommes et les femmes, ainsi qu'à la nécessité d'instaurer au Québec une véritable laïcité, sans l'adjectif « ouverte ». J'ai participé à des rencontres à l'UQAM, organisées par Normand Baillargeon, regroupant aussi bien des tenants d'une laïcité tout court — le sociologue Guy Rocher entre autres — que des adeptes d'une laïcité dite « ouverte » dont Françoise David était la représentante la plus remarquée.

Je sais combien revient chez nous la recommandation d’éviter les amalgames. La crainte de déplaire aux croyants d’autres religions, principalement l'Islam, a fait de nous, selon moi, une société trop conciliante envers ceux qui viennent chez nous pour nous imposer leurs valeurs patriarcales. Nous avons accordé notre confiance à Justin Trudeau, descendant direct de Pierre Elliott Trudeau, celui-là même qui imposa à tout le Canada, Québec compris, une charte des droits individuels, enchâssée et bétonnée dans la nouvelle Constitution dont la philosophie se résume à un mot qui m'inquiète au plus haut point : multiculturalisme. Voici donc le fils du père devenu l'idole de toute une jeunesse canadienne et québécoise. Il sut y faire en constituant un Conseil des ministres paritaire, toutes et tous acclamés ailleurs pour leur ouverture, principalement face aux migrants syriens et aux changements climatiques. Ce tableau donne au Canada un nouveau visage accueilli partout avec enthousiasme.

Mais le fond de la question reste piégé dans la même philosophie multiculturaliste. Et nos intellectuels, surtout de gauche comme en France, nos journalistes et politiciens, tous ces gens bien intentionnés ne voient pas à quel point les acquis féministes conquis de haute lutte par nos devancières depuis cinquante ans risquent d'être anéantis dans les prochaines décennies si nous ne sortons pas de notre torpeur sociale, intellectuelle, journalistique et politique. D'où vient donc le danger qui empêche qu’advienne l'égalité entre les femmes et les hommes, même au Québec ? L’Islamisme galopant, qui se répand comme traînée de poudre. Pendant ce temps, le président iranien, l'Ayatollah Rohani, ose dire aux musulmans de la planète que leurs exactions sont en train de miner leur image dans le monde. Et nous, que sommes-nous en train de faire ? Nous nous ouvrons aux valeurs religieuses individuelles au détriment de nos valeurs collectives.

Des imams tels que Chaoui et Charkaoui peuvent menacer impunément nos gouvernements et nos institutions, aller jusqu'à prêcher ouvertement la radicalisation des jeunes Québécois et jusqu'à les inciter insidieusement à aller en Syrie porter la guerre à celles et ceux qui n'adhèrent pas à une application guerrière et misogyne du Coran. Et comment réagissent nos élites à de tels propos Islamistes? En se faisant conseiller par d'autres Islamistes qui se prétendent moins radicaux mais qui, au nom de la lutte contre la radicalisation, nous mettent en garde contre le danger Islamophobe. Quant aux fonctionnaires québécoises qui ont lutté tout au long de leur carrière pour l'égalité entre les femmes et les hommes du Québec, qui sont parvenues à se libérer du joug patriarcal du catholicisme, voilà qu’en fin de carrière elles se voient imposer de nouvelles collègues voilées. C'est ce que m'a confié l'une d'elles lors d'une pause durant nos échanges sur la laïcité. Je la comprends, j'ai dû moi-même quitter une Église que je trouvais dépassée.

Que penser alors de cet Islam figé au Moyen-Âge ? J'ose donc faire un pas de plus, ayant lu le Coran, les hadiths, l'histoire de l'Islam et la fuite de Mahomet à Médine en 622, jusqu'aux derniers développements en France, en Belgique, au Canada et aux États-Unis. Ceux qui n'ont pas fait ces recherches sont remplis de bons sentiments, je le répète, mais ils demeurent inconscients du danger lié à la question féminine dans le monde, particulièrement chez nos élites dont l’ouverture frôle la soumission. L'histoire de l'Islam, selon moi, est celle de son expansion par des guerres contre tout ce que Mahomet appelait « le mécréant ». L'Islam misogyne et conquérant n'a dû reculer vraiment, dans son histoire, que quelques fois. Sinon, il a toujours été une religion totalisante et conquérante, même colonisé par les Européens. Les atrocités de l'EI en France, en Belgique et aux États-Unis en 2015, et récemment en Grande Bretagne, ont fini par réveiller quelques courageux de la majorité musulmane dite modérée. Mais quand donc serons-nous nombreux à oser nous dresser pour de bon contre ceux qui les mettent dans le même panier que les « mécréants » dont parle le Coran ?

L'Allemagne s'est montrée généreuse envers les migrants syriens. Elle a accueilli en 2015 plus d'un million de réfugiés fuyant l'horreur de l'EI. Et, dans la nuit de la Saint Sylvestre, les journaux du lendemain nous apprenaient qu'une centaine de femmes allemandes avaient été pourchassées, violentées et mêmes violées par de tout jeunes migrants de religion musulmane. Ces jeunes fuyaient l'horreur islamiste, mais ils n'en étaient pas moins imprégnés jusque dans leurs réflexes festifs : le plaisir de pourchasser des Occidentales trop peu vêtues à leurs chastes (!) yeux, c'était pour eux comme pourchasser des chèvres dont il était permis d'user et d'abuser jusqu'à satiété. Et, à l'heure des communications instantanées, il a fallu une semaine pour que l'on apprenne que c'est au moins 400 femmes allemandes qui ont alors été agressées. Les explications de tels gestes misogynes peuvent varier à l'infini. Mais une réalité demeure : l'Occident devra se doter d'une laïcité véritable et agissante, sinon la lutte des femmes pour s'émanciper des religions patriarcales aura été vaine. Et les femmes allemandes ne seront pas les seules qui auront à payer le prix d'une tolérance multiculturaliste qui a déjà démontré ses failles partout en Occident.

Oui, je crains vraiment pour l'avenir de la laïcité au Québec, et principalement pour la possibilité de maintenir notre projet d'égalité absolue, un jour, entre les femmes et les hommes québécois. Imaginons un peu l'avenir des femmes du Moyen-Orient, de l'Afrique et de tous ces pays où le patriarcat n'a certainement pas fini de tenir le haut du pavé. Dans la communauté musulmane noire en particulier, le Coran est dépassé par une culture machiste qui continue d'imposer aux femmes une soumission déshonorante et mutilante. Des grands-mères se plient encore aux désirs des futurs maris en pratiquant des excisions et des infibulations sur des fillettes, utilisant sans scrupules des outils infectés. La publication de telles coutumes inhumaines soulève en moi une grande colère en même temps qu'une immense compassion pour ces fillettes sacrifiées à la domination masculine. Je termine sur une citation de Simone de Beauvoir : « N'oubliez jamais qu'il suffira d'une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. » La vigilance féministe est plus que jamais de mise en Occident.

Jean-Pierre Audet, mars 2017























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